dimanche 5 octobre 2008

Jeudi 31 juillet

C’est le jour du marcher à Badou. On déambule dans les rues qui sont beaucoup plus encombrées que d’habitude. On achète quelques épices pour agrémenter la pièce de porc que l’on vient d’acheter… ce soir, un gros barbecue en perspective, avec de la viande, pas que de l’os cette fois (ohhh que je suis vilaine).
J’achète du tissu, je me dit que ça ira très bien comme nappe ou accroché à mon mur… dans mon petit meublé orléanais.
Arrivés à la maison, les filles (José, et Junior) sont emballées par le tissu que je viens d’acheter. Du coup, avec beaucoup d’efficacité, elles m’ont convaincue d’aller cet après midi chez une couturière (Agnès de son petit nom), pour me faire faire (sur mesure s’il vous plaît), une tenue traditionnelle.
Arrivées chez Agnès, accueil chaleureux comme d’habitude. De nombreuses apprenties sont là à travailler aux machines à coudre singer (pièce de collection s’il vous plaît). Agnès est belle, gentille, tellement souriante… que finalement, Céline ira s’acheter elle aussi du tissu et je me laisserai tenter par un 2e pagne (morceau de tissu).
On s’absente le temps des achats et on retourne chez Agnès. Nous sommes jeudi, 15h. Alors Agnès, on veut pouvoir aller à la messe dimanche matin avec nos tenues traditionnelles… c’est possible ?
Ohhh pas de problème. Elle met de côté ce qu’elle a commencé, et s’affaire déjà aux tenues des yovos. Elle prend rapidement nos mesures (…de rêve… est ce bien utile de préciser ?) et nous voilà pleine d’enthousiasme de retour à la maison.
Tout l’après-midi nous entendons les répétitions de la soirée spectacle organisée par la ville de Badou, sponsorisée par la Suisse j’ai l’impression !
J’essaie de motiver les troupes à y aller. Benoit et Julien connaissent déjà, pas intéressés. Céline m’accompagnera… hein Céline ?
Et puis voilà que le soir arrive… turista générale ! Personne n’est épargné. Céline restera donc se reposer. C’est donc en compagnie d’Innocent et de mon Imodium préféré (c’est un super ami à moi, il faudra que je vous le présente) que je file à la soirée.
J’y retrouve beaucoup de monde finalement, les cousins, les cousines (toutes belles, prêtes à draguer),… j’offre l’entrée à tout le monde (ohh pas de folie hein… 2 Francs Français par tête, ce n’est pas la ruine).
José et Junior se précipitent à l’intérieur. Avec Innocent on attendra un peu…ça me rappelle les entrées de Bunker à Namur… tout plein de jeunes qui se bousculent pour être sur d’avoir une place.
Mais voilà qu’une Yovo veut entrer… en gros, je suis VIP. Les videurs me frayent un chemin, ma patte blanche est efficace. Les cousins me suivent… trop la classe !
Arrivés là, ce ne sont que des places assises… et nous voilà tout au fond, debout. Efo me dit que c’est risqué de rester à cet endroit car il y a toujours des bagarres au fond…
Un videur vient me dire qu’il m’a réservé une place devant. Pour moi. Rien que pour moi. Et pour Innocent et Efo ? Tant pis, je resterai au fond… Mais pas très longtemps. 3 places viennent subitement de se libérer.
Et nous voilà spectateurs VIP d’un show très… comique finalement. Des jeunes qui chantent en playback, des dansent vraiment… drôles… non vraiment, j’ai bien ri, le seul truc, c’est que ce n’était pas un spectacle comique… du tout. Les gens apprécient le show ? pas de souci, ils déposent pièces et bonbons au pieds des artistes ! ils n’aiment pas ? ils le font savoir aussi. Ils huent, et laisse aux pieds des artistes… les papiers vides, sans bonbon.
Vilains.
J’avais de la peine pour ces p’tits jeunes qui osent…

Vendredi 1e aout

Ce matin, on est tous pas très en forme. La turista nous suit de près… et ne veut pas nous lâcher.
Rien de prévu aujourd’hui alors Céline et moi, on en profite pour aller faire nos essayages. Et oui déjà !
Quelques retouches à faire et ce sera bon.
"yovo yovo bonsoir..." on entend ça en boucle. On prend l'habitude d'être accompagnés par cette petite phrase à chaque déplacement! On fait notre traditionnel signe de la main. ça fait rire les enfants, ils accourent... nous regardent comme des bêtes curieuses... ça va nous faire drôle de re-sombrer dans l'anonymat!

Après manger, on motive comme on peut les garçons pour aller faire un tour. Prendre l’air, ça ne nous fera pas de mal. On part sur la route de Kessibo avec Innocent et Efo.
On aura l’occasion de passer par le lycée des garçons, et on passera par le terrain de foot, où les jeunes jouent… avec des chèvres sur le terrain.


On croisera la DDE...

...avant d’abandonner Julien sur le bord de la route.


retour à la maison... coucher de soleil sur Badou...

"yovo yovo bonsoir... ça va bien merci!"
eh oh c'est bon maintenant... on n'est pas yovo mais métisse alors ça suffit... stop.
je me rends compte que Julien et Benoit supporte très mal la célébrité! aurait-il pris le melon? non, je blague... mais ici, les gens ont du mal à se rendre compte que les jumeaux ne sont pas tout à fait blancs! ici ils sont blancs... en france ils sont noirs... pas de gris en ce bas monde.

Samedi 2 aout

3 à être d’attaque. Céline pas au top… comme tous les futurs matins jusqu’au retour. Il faut vraiment aimer l’Afrique hein…
On décide de partir à la cascade d’Akloa. On part avec un taxi de 9 places puisque nous sommes une petite troupe à vouloir y aller. 15 min de route puis une petite randonnée d’une heure pour y arriver. La forêt est magnifique… je guette, il paraît qu’il y a des singes pas ici… invisibles apparemment !
Les sentiers sont étroits et malheureusement, nous sommes obligés de regarder nos pieds !

Une petite rivière à passer… le guide veut tous nous prendre les uns après les autres sur ses épaules pour nous faire traverser !!! ohhh bah quand même… on devrait pouvoir s’en sortir.
Ça vaut le coup, la cascade est magnifique. Il y a un petit plan d’eau juste en dessous, où l’on se baignera… habillés. Ça fait peur aux cousins qui ne savent pas nager. Agréable moment.



C’est donc… tout mouillé… que nous reprendrons le chemin en sens inverse.


L’après-midi, Céline et moi, accompagnées d’Innocent encore et toujours, nous sommes allée au village de Kessibo. C’est là que le papa des jumeaux est allé à l’école. A 5km du village. C’est un petit village, mais il est agréable, fleuri… des musiciens répètent pour la messe du lendemain. La cata !!! On a bien ri.



Au retour nous sommes allés récupérer nos tenues chez Agnès. Qu’on va être belles !

Après le repas du soir, Benoît a subit une transformation effrayante… s’étant inspiré du vaudou pratiqué par les voisins à Lomé, il s’est mis en transe… tout seul comme un grand. Les cousins étaient effrayés !! Ou du moins, faisaient semblant… fou rire garanti autour de crêpes et de pop corn. DOOOOOOOOOOO….

Dimanche 3 aout

Jour de messe. Levée 5h45. Dur.
Céline et moi sommes prêtes pour la messe… tenues traditionnelles, et mal de ventre matinal pour Céline. Normal.
José et Junior sont en retard… on part sans elles.
On les retrouve sur la route. Qu’elles sont belles, toute apprêtées… On s’installe dans l’église. 7h15. Il y a du retard, c’est du propre. Il n’y a pas grand monde, ça me surprend.
La messe commence, Céline effectue quelques exercices de respiration ! concentration concentration !!
La messe est en Akposo, très peu en français. En gros, on ne comprend rien. C’est pas grave, on regarde les tenues, on scrute.
Et là, l’église se rempli, les retardataires s’installent, on fini par être serrés les uns contre les autres…
Et puis la fanfare dans notre dos commence à jouer une musique entraînante, tout le monde remue à sa place…
Vient le moment de fêter notre jour de naissance !!?? ehhh mais quel jour je suis née moi ?? Aucune idée, pas grave, je serais née le même jour que Céline pour l’occasion ! Et nous voilà en train de danser dans les allées, à la gloire du Jeudi (si mes souvenirs sont bons !)… tout le monde ri de voir des yovos danser à la messe en tenue traditionnelle ! Avant de revenir à notre place, on nous applaudira chaleureusement… eh oui quand même… c’est gai, tout le monde tape dans les mains, la musique est sympa… bref, des messes comme ça, j’irais bien volontiers tous les dimanches !
La messe se termine à 9h30 pour nous. On est parties avant la fin car les filles doivent préparer le repas du midi.

Je profiterais de la matinée pour me balader dans Badou.

Dimanche midi, repas de fête… poulet bicyclette grillé (petit poulet avec lequel j’ai évidemment passé du temps avant hein… c’est mieux pour ouvrir l’appétit. On l’appelle ainsi parce qu’il est en liberté jusqu’à ce qu’on lui court après pour le manger… niacniacniac), salade (le top pour le mal de ventre), bananes plantains, et vin rouge saint Emilion… s’il vous plait ! Un vrai repas de fête. Ça fait du bien de manger du poulet grillé, sans sauce rouge… on n’en peut plus de la sauce rouge...
L’après midi, on profite du beau temps pour aller faire une rando plus au nord… dans la montagne aux singes… sans singe. Dommage.

Lundi 4 aout

Nous voilà en route pour le Nord du pays. 5 jours de balades nordiques avec Jean-Marie pour guide. Nous prenons un taxi 5 places. Et nous partons à 6. Normal.
9h. On part.
On n’a pas fait 30 min de route que l’on se retrouve coincés sur la route d’Atakpamé par des arbres couchés sur la route. C’est la vraie « DDE » cette fois qui s’occupe d’abattre les arbres en bord de route dont les racines pourraient abimer la voie. Ahhh bonne idée. Mais à 9h30 du matin, il y a du monde sur LA route (entendez par là, « la seule et unique » évidemment) et tout le monde reste bloqué là.


Tout le monde. De plus en plus de monde !!!


Et c’est 1 arbre qui nous bloque la route, puis 2, puis 3 !
Et là je me suis dit : « on est bons pour rester bloqués là au moins 2h !


Que je suis mauvaise langue !
J’avoue que quand la tronçonneuse est tombée en panne sèche, j’ai eu très peur…
Mais ils ont été drôlement rapides tout de même. Retard accusé de 30-40 min pas plus.
Donc je reprends mon récit palpitant.
10h15 on part.
Il doit être 11h30 quand on entend une déflagration. Tout le monde sursaute… ahhh crevaison, je me disais bien aussi… on est trop en avance. Suis-je bête.
Heureusement, monsieur le chauffeur est aussi mécanicien de son état. Il nous changera la roue en 2 sec top chrono. Le plus long, aura été de sortir les valises du coffre. Bien rempli pour l’occasion vous vous doutez bien.



C’est avec plaisir que l’on s’installera à Atakpamé pour manger… du poulet pomme frite pour changer… (Ironie bien sûr).
Nous continuons notre périple.
On profite d’un petit arrêt à Sotouboua pour s’acheter quelques mangues. On en mangera d’ailleurs quelques unes, là, sur le bord de la route.
1e halte, 1e ville à visiter : Sokodé.
On s’installera à l’hôtel de la bonne auberge… le petit futé indiquant : très bonne cuisine française. Et là, psychologiquement, on en a besoin de la cuisine française !
C’est là que l’on rencontre Omar, le maître des lieux. Il a fait ses armes en Allemagne. Il nous présente ses chambres… on choisira chacun la nôtre. Céline et Benoît choisirons la mauvaise… comme une tite odeur d’humidité, quelque peu persistante ! Julien et moi sommes ravis.
On pose là nos valises et nous voilà parti vers Sokodé. On déambule dans les rues, et déjà cette ambiance me paraît familière. On s’habitue vite aux petites échoppes, aux voitures qui roulent n’importe comment et qui klaxonnent histoire que les piétons se poussent… et oui, là, on n’est pas prioritaires, loin de là ! Les chèvres sont toujours présentes. Une différence cependant, ici, nous sommes en territoire Kotokoli (musulmans pour la plupart) et le terme « Yovo » si familier pour nous maintenant, a laissé place à « Anesera »… un petit gout d’exotisme ! C’est vrai qu’il y a plusieurs dialectes au Togo (langue Ewe, Akposo, Mina,… et les subtilités m’ont échappé).
On passera devant l’église de Sokodé. Fermée. Tant pis.

La nuit commence à tomber, on rentre donc à l’auberge.
On s’est fait un nouveau copain. Il passera pas mal de temps avec nous le soir… à essayer de nous vendre tout un tas de choses plus ou moins jolies ! Après de longues négociations, on lui prendra son lot de stylos bille en teck.
Omar nous a préparé un repas « européen »… hâte de me mettre à table !! Crudités vinaigrette… ohhh et quelle vinaigrette ! saucée jusqu’au fond du bol ! poulet bicyclette grillé ! pas de sauce rouge !!! pomme de terre sautées à l’ail!!!!! Le rêve ! des pommes de terre…. On en rêvait ! il faut dire que les frites d’igname laissent en bouche un arrière gout amer pas très motivant.
Pour ma part, ça fait maintenant 10 jours que l’on est là, et je commence à avoir des difficultés à manger les plats locaux. J’en peux plus. Dans les restos, les cartes sont toujours les mêmes… plus aucune surprise. On a le choix entre omelette, poulet ou pâtes. Et là, je sature. Les plats préparés par les cousins sont très bons mais dur dur de continuer à manger cette fameuse sauce rouge, de manger de la viande sans viande… je deviens végétarienne et commence à me faire des cures de riz nature ! de ce côté-là, l’adaptation n’est pas évidente je dois l’avouer.
Alors là Omar tombe à pic. Une petite pause stomacale. Et ça fait beaucoup de bien.
Ce soir là on passera le reste de la soirée discuter… sérieusement, oui ça arrive. Commerce sexuel, prostitution… on s’est senti inspiré par notre voisin de chambre entré quelques minutes plus tôt avec une jeune femme… qui sera ressortie seule quelques (courtes) minutes plus tard.
Monnaie courante parait-il. Shocking !

Mardi 5 aout

Petit déjeuner.
Thé, miel, et mieux que tout… du pain français !!! on est heureux ! il ne nous en faut pas beaucoup !
On part donc à 8h30 pour Kparataou.
On arrive dans ce petit village, et par habitude, on va à la rencontre du chef. Il est des jours comme ça on l’on ferait mieux de rester couchés.
On nous demande 10 000 FCFA pour la visite du village. Comment ???? ai-je bien entendu. Aller les gars, on s’en va ! (ma diplomatie habituelle en gros). Là, Jean-Marie, politicien dans l’âme, commence à expliquer pour la 40e fois depuis notre arrivée, que Julien et Benoit sont des enfants du pays, que le papa est de Badou, la maman est française… ce qui explique qu’ils soient presque des yovos… ils sont venus visiter le nord du pays avec leurs amies,… bref, qu’un geste s’impose.
Ahhhh ce sont des frères ???
Alors ça fera 5000 seulement.
Soit.
Là je sens pointer en moi comme de l’agacement, que dis-je de l’exaspération. Marre, vraiment marre d’être considérée comme une vache à lait.
Ici, tout se monnaye. Tu veux passer sur cette route avec les blancs dans ton taxi ? Une petite pièce par ci pour monsieur le militaire. C’est interdit la corruption ? ah bon ? pas remarqué. Tu demandes ton chemin ? Tu veux aller visiter le village ? penses au guide… sa-tu-ra-tion.
Il faut dire que ça se comprend. Le système dictatorial du pays est tel que les togolais ne gagnent pas bien leur vie. De plus, les togolais partis en France et de retour au pays, vantent les mérites de notre pays, parfois de manière démesurée, et les togolais resté au pays n’ont pas une image réaliste de notre façon de vivre.
Bref.
C’est donc un petit peu (tout petit peu) agacée que la visite commence. C’est un village où sont enterrés les 5 anciens grands chefs de la région… enfin, c’est ce que j’ai compris. On se perd dans les traductions. On pose nos questions en français, Jean-marie les traduit en Mina à un villageois, qui les traduira en kotokoli au guide… bref, la cata. Il faut un temps monstrueux pour arriver à comprendre quelque chose, c’est fatigant, du coup, je m’abstiendrais de poser des questions ! en plus de ça, j’ai un petit monsieur sans dent qui machouille dans mon oreille, je n’en peux plus… help, qu’on s’en aille…
une tombe de l'un des 5 chefs... (visite: 5000 FCFA, soit 50 Fr)
la mise en bière est particulière puisqu'ils les ont installés assis... tout un art

démonstration des apparats (siège et tenue) de l'ancien chef... 5000FCFA.
ahhhhhhhhhhhhhh bah ça vallait le coup! ahhhhhhh sans aucun doute, belle arnaque.


photo d'un jeune qui jouait avec un pneu... j'étais très concentrée sur ce que me disait le petit monsieur voyez vous...


Au retour, on s’arrête à Kpassaoudé, village des tisserands traditionnels. Un orage éclate, la pluie tropicale s’abat… on se réfugiera dans la salle centrale du village en attendant que ça se calme.
« anesera anesera… »

Un tisserand nous apporte sa production, c’est très sympa, et ça a l’air de très bonne qualité. C’est par contre pas évident de porter ça par chez nous…





Une fois la pluie calmée, un jeune nous conduira à travers le village pour nous montrer leur technique de tissage. C’est impressionnant. Beaucoup de travail.



Les gens sont gentils, les enfants nous suivent partout,…


Le jeune qui nous accompagne nous parlera des différentes techniques, mais aussi du manque de finance qui enterre la tradition. Leur art est submergé par l’activité industrielle et les touristes ne sont pas forcément intéressés pour acheter leur production. Mais c’est un cercle vicieux, car devant le manque de choix, nous n’auront pas envie de partir avec un pagne. Les achats se font maintenant sur commande.

On reprend le chemin du retour… le chemin n’est pas carrossable… comment motiver les touristes à venir ici quand on voit que l’on donne de l’argent à tout va mais que les routes sont toujours si peu praticables ? si seulement ils se servaient un peu de cet argent pour améliorer l’accès aux différents villages…
On rentre sur Sokodé pour manger… pas forcément hâte, on connait la carte. On commande… et on attend au moins 50 min pour être servis ! On meurt de faim, on s’énerve… j’ai mal au bide, turista oblige,… les plats arrivent et je n’ai pas ce que j’ai commandé… rester calme. Surtout, ne pas s’énerver. Comment dire ? quand on a mal au ventre, et qu’on a juste envie de manger du riz avec des petits pois et que l’on se retrouve avec du riz, des pâtes et de la sauce rouge… fameuse, trop fameuse sauce rouge… eh bien on s’agace… c’était pas ma journée c’est tout.

Après manger, nous retrouvons Omar qui gentiment nous introduit auprès du conservateur du musée de Sokodé « le musée du centre ». Ce monsieur est très intéressant et maîtrise parfaitement son sujet. On lui posera de nombreuses questions, et on comprendra un peu mieux ce que l’on aura entendu le matin même à Kparataou.
On trouve vraiment dommage que le savoir et la connaissance du Togo soient uniquement entre les mains de personnes âgées et que ça n’ait pas été posé par écrit. Un jour, toute cette connaissance sera perdue, il faudrait qu’ils puissent la transmettre à la nouvelle génération.
Mr le conservateur


A la fin de la visite, pendant que Julien et Benoit demandent à J-M combien donner au conservateur (toujours demander l’avis du 1e neveu pour ce genre choses !) le guide nous propose à Céline et moi de lui acheter quelques cartes postales… et on verra des paysages magnifiques, une architecture que l’on a pas aperçus encore… on se renseigne pour savoir où tout ça se trouve…
Il faut continuer vers le nord. Au-delà de Kara, vers Kanté.
Hummm intéressant.
On devra user de beaucoup de patience pour convaincre Julien de modifier l’itinéraire… ! il est vrai qu’on n’a peu de temps devant nous et tellement de choses à faire encore…
De retour à l’hotel, on se reposera un peu pendant que J-M ira voir un ami à lui.
On aura affaire à notre vendeur obsessionnel ! il veut absolument nous vendre statuettes, masques… et nous arnaquer aussi. On repartira avec son lot de stylos en teck !
C’est une fois tout le monde réuni que l’on ira boire notre litre de sucreries, « au bon coin » sous une paillotte.
Après ça, on rentrera pour manger notre repas préparé par le chef Omar ! Tournedos, sauce au poivre, avec pomme frite, haricots, riz… un délice, il ne manquait qu’un peu de vin rouge !
C’est donc fatigués par cette journée de dingue, mais quand même bien content de notre repas du soir que nous sommes allés nous coucher.

Mercredi 6 aout

Nous partons tôt le matin.
Goût amer quand on reçoit la note salée d’Omar ! eh oui, tout se paye !

En route pour Ketao. On passe par la faille d’Aledjo. Ça grimpe, ça grimpe, on croise des titans en panne… rien ne nous étonne quand on voit comme ils sont chargés ! Ils ont intérêt à avoir de bons freins car ici, c’est très risqué ! la pente est importante. On s’arrête au niveau de la faille. Morceau de falaise comme fendue au sabre. Impressionnant...



...Surtout quand les titans se croisent.

Sur la route, nos guides (Mr Routard, et Mr Futé) nous indiquent qu’il y a un site fabuleux à ne pas louper… le rocher de la mort…. Hummm ça donne envie. Lieu de sacrifices, et vue imprenable. Ni une, ni deux, on fait le détour. On arrive au village, on demande le rocher de la mort, on nous répond qu’il faut prendre un guide avec nous. Pas envie de perdre du temps, on veut juste monter sur le caillou pour prendre des photos…. Pas besoin de guide pour ça… si ? si si il faut passer par le chef du village… horreur.
Comme d’hab, salle centrale du village, réunion au sommet…
« - bonjour, on veut voir le rocher de la mort
- bonne arrivée, ça fera 5000 FCFA
- ahhh mais non pourquoi ? on veut juste aller voir le caillou !
- c’est la coopérative, voyez ce document, pour 5000 FCFA vous pouvez visiter le village, avoir un guide, entendre l’histoire du village, et puis bien sûr aller au rocher de la mort.
- Et alors si tout ça ça fait 5000… on peut aller au rocher pour 2000, et on n’en parle plus.
- Ah non, c’est la coopérative du village, c’est non négociable.
- Non négociable ? dommage. Au revoir.
- 4000.
- 2000.
- 4000. Non négociable.
- Aurevoir. »

Y’en a marre, faut pas pousser les yovos dans les orties.

Petit détour parfaitement inutile donc, si ce n’est nous échauffer encore un peu…



Kétao.
On rencontre l’ancien collègue de J-M qui l’aura hébergé pendant quelques années. Ils ne se sont pas vus depuis longtemps. J-M est tout ému… accolades, embrassades, accueil chaleureux. Il nous offre l’hospitalité. Il nous fait visiter sa propriété ; la porcherie traditionnelle (intéressant pour nous ! on prend note !), ohhh des lapins… des chèvres, des poules, son moulin.



Sa ferme est grande, il est bien installé. Il nous propose de manger chez lui, un plat traditionnel que J-M adore… il aura d’ailleurs appelé la veille pour avoir au menu son plat favori. Sauce à base d’oseille. Le tout arrosé de Tchouk (Tchoukoutou). C’est une boisson à base de sorgho dont le succès est national ! Il l’a préparé lui-même, ça ne se refuse pas. Le seul souci, c’est que c’est idéal pour chopper la turista puisque c’est fait avec l’eau locale ! arrrg.

repas bien bon ma fois...

J-M décide de nous emmener au marché de Kétao… c’est un des plus grand du pays. Pourquoi pas. Le seul problème c’est qu’on n’aura rien vu du marché ! J-M marche super vite, ne se retourne pas… on ne serait plus là qu’il n’aurait pas vu la différence.
Vous vous en doutez, ça nous agace… pas le temps de s’arrêter sur les stands… tout ça pour quoi me direz vous ? Eh bien il avait des amis à retrouver ici et là… ahhh bonne idée ce marché. Grâce à lui, on sera tout de même conviés à boire un verre de Tchouk sous une paillotte. L’ambiance est sympa, tout le monde « palabre »… eh hop, une nouvelle couche de Tchouk pour entretenir nos petites bactéries ! Help. Mais cette fois si, je suis très maligne... je trempe les lèvres mais n'avale rien... j'essaie de ménager mon tube digestif...

On reprend la route.
On s’arrête à la frontière pour voir comment est gérée la zone de transit. Je prends quelques photos. Et là, le douanier me demande de le rejoindre. Il me prend mon appareil photo et me dit « saisi ». Ahhh ! super ! Manquait plus que ça. Heureusement, J-M est là, et il use de ses talents d’orateur et nous usons un peu de notre porte monnaie pour récupérer le matériel. Plus rien ne nous étonne.

Le douanier nous propose de passer au Bénin… mais monsieur, on n’a pas de visa… ça n’a pas l’air de le chiffonner. Par précaution, on met juste un pied chez les béninois. On ne sait jamais !
notre taxi... en no man's land

Nous voilà en route pour Kanté (ou Kandé c’est selon…).
Le paysage est magnifique « la savane arborée ». Il y a des baobab partout. C’est très sympa. En tout cas, tout le monde est apaisé ! ça va mieux.

On s’arrête au passage dans un centre de broderie. Des petites mains de fées s’activent pour broder des sacs, nappes, vêtements… c’est magnifique, mais tellement cher. Il faut dire qu’il y en a du travail pour réaliser tout ça !

Nous voilà arrivés en pays Tamberman ! Les fameuses cartes postales ! Nous passons par l’accueil, payons nos droits d’entrée et récupérons un guide au passage… c’est donc un peu plus à l’étroit dans la voiture que nous partons pour la visite du village. Sur la route, on s’arrête au dessus d’un pont histoire de profiter un peu de la vue et pour prendre quelques photos. Ehhhhhh !!!! Mais ce ne serait pas un crocodile là bas… ??? vite, le gros zoom… hummm un doute subsiste ! Crocodile ? Tronc d’arbre ? Quand au retour le tronc d’arbre aura disparu, on en déduira que finalement, c’était surement un croco !



On arrive au premier village. Les gens sont vraiment gentil et accueillant. Le paysage est magnifique, c’est paisible, il y a un grand soleil… même en fin de journée… le paradis.


Tout à coup, J-M me frappe le mollet d’une force ! mais qu’est ce qu’il te prend ? ça va pas ?? « y’avais une bête » et bah rien que ça… ?? on aura bien ri ! je me suis faite dévorée par leurs mouches voraces et Céline aussi d’ailleurs ! les traces de piqures persisteront au moins pendant 8j ! Qu’est ce que ça gratte !
moi regardant mon pauvre mollet...


On commence la visite, on suit le guide. On rentre même chez les gens qui nous ouvrent la « porte » de leur maison, on visite l’entrée, la cuisine, la chambre… le tout jusqu’au grenier. Toute la maison est bâtie de sorte que l’on voit arriver les ennemis...qui ne doivent plus être très nombreux ! en gros, il y a de petits trous, de minces fentes dans la parois de sorte que l’on voit tout ce qu’il se passe à l'extérieur.
un gri-gri les fétiches qui surveillent la maison...

la cuisine, un petit peu enfumée hein... bah c'était irrespirable!!
on aura même visiter la chambre d'un des fils du chef du village. Ici, Julien à l'entrée! alors il faut rentrer les pieds en premier... toujours histoire de voir si les ennemis arrivent...

c'est qu'il y a de l'espace à l'intérieur moi qui monte jusqu'au grenier Benoit avec le guide "roger" fruits de baobab

Les gens mendient beaucoup plus qu’ailleurs… on récupère au fond de nos poches tout ce qui peut leur plaire… stylos, pièces de monnaie… on regrette de ne pas avoir pris plus avec nous.
ptit bonhomme

Après la visite du village, nous poursuivons vers le baobab sacré.

Ils font une rapide incantation pour que nous puissions entrer à l’intérieur sans rien blasphémer… nous sommes toujours accompagnés de la moitié du village et de nos mouches piqueuses!



C’est fabuleux de pouvoir entrer dans cet arbre, il est immense, imposant, et tellement vieux… c’est magique.




La nuit commence à tomber, on reviendra demain pour terminer la visite. Le guide nous propose l’auberge « la cloche ». c’est donc là que nous passerons la nuit. il nous accompagne, on lui offre un verre. Les chambres sont tout confort ! c'est-à-dire, lit – toilettes ! la chasse d’eau est en option.
On mangera sur place.